Tuesday, December 28, 2004

Le Léviathan Africain

Nous partons du constat qu'il n'existe aucun espace au monde encore moins aucun Etat où l'homme noir (J'assimile tous les noirs aux africains) est en sécurité au sens de Thomas Hobbes. Cette incapacité à assurer la sécurité du noir discalifie tous ces Etats où le noir est en insécurité (Amérique, Europe, Afrique). C'est à dire que le noir ne peut reconnaitre comme Etat tous ces pays où il n'est pas en sécurité . L'Africain se doit donc selon Hobbes d'aller chercher sa sécurité ailleurs.

Et c'est le drame que vivent les africains au quotidien. Chercher sa sécurité ailleurs. Au lieu de chercher un ailleurs qui a plus le souci de son intérêt personnel que celui de l'Africain, c'est un Etat capable d'assurer sa sécurité, un Etat Leviathan qu'il faudrait à l'Africain. S'il n'existe pas, il est à créer ou du moins à imaginer.

Cette question est d'autant plus importante que toutes les grandes figures du monde noir en Afrique et en Amérique se sont battues contre des Etats qui n'assuraient pas leur sécurité. Et au final les Etats ont certes adopté l'idée d'un Etat qui assure la sécurité du noir mais ne l'ont jamais vraiment mis en place. Tant en Afrique qu'en Amérique.

Ce qui revient aussi à discuter du contrat de représentation qui lie l'Africain avec son souverain, qu'on l'appelle vote ou démocratie et qui n'est rien d'autre qu'un déssaisissement de droit. Que cet Africain soit en Afrique, en Europe ou en Amérique, il faudrait qu'il aie la possibilité de retirer cette "procuration" et aussi de la donner à toute autre personne s'il estime que le dirigeant du pays où il vit n'est plus en mesure d'assurer sa sécurité . Peut-on réorganiser un jeu démocratique autour de cette approche?


Il s'agit de réfléchir à une question qui a déjà evoqué par Thomas Hobbes qui pourrait faire évoluer ce droit dans l'organisation des Etats surtout que l'Afrique est la première concernée. Il s'agit de la question du déssaisissement chez Hobbes. Autrement dit, un citoyen qui par le principe démocratique pratiqué aujourd'hui donne sa voix à un candidat renonce-t-il à user sans limite de son pouvoir, c'est à dire qu'il promet de laisser l'autre exercer son droit naturel dans un domaine défini par la convention. L'intérêt de ce dispositif étant de maintenir une relative indépendance du droit du souverain et de l'obligation des sujets. Le droit du tiers extérieur étant le droit naturel dont chacun disposait avant les conventions serait-il sans limite juridique, ce qui serait nécessaire à la paix civile? L'obligation des sujets est-elle limitée puisque chacun a conservé le droit de défendre sa sécurité? Si l'on s'en tient à l'analyse strictement juridique du déssaisissement, le droit du souverain n'est pas politique, il demeure naturel, les citoyens renoncent à résister, ils ne promettent pas d'obéir et de tenir la volonté du souverain pour celle de tous. Quand on se déssaisit de son droit, il est nécessaire de retenir certains droits, "celui de gouverner son corps, de jouir de l'air, de l'eau, du mouvement, du libre passage d'un endroit à un autre, et de toutes les choses sans lesquelles un homme ne peut pas vivre ou ne peut pas vivre commodément." (Lev 15, 154). On a le droit de déserter en temps de guerre (21, 231), de s'emparer d'aliments par violence et par fraude au cours d'une famine (27, 323). Le droit de résister est étendu au cas où la famille et les proches sont menacés. Si le souverain est incapable d'assurer la sécurité, on a le droit de chercher une protection ailleurs.


Il est important de considérer le processus démocratique comme inachevé même en occident et que les questions africaines et du peuple noir qui ont toujours contribué à faire évoluer les droits de l'homme doivent permettre à l'Africain et à tous les hommes d'accéder chaque jour à un peu plus d'humanité par un artifice toujours à améliorer celui d'un 'Etat moderne, le Léviathan dont Hobbes reste un précurseur. Le salut des africains n'est-il pas qu'une assurance définitive de sécurité: "être sauvé, c'est être mis en sûreté, soit relativement à tel ou tel mal, soit absolument à l'égard de tous les maux, y compris le besoin, la maladie et la mort elle-même" (Lev, 38,484).

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